Mairie Notre commune Vie locale
Accueil

BIENVENUE

 sur le site officiel

de la commune de

KIRRWILLER


histoires courtes Chronique Kirrwilleroise

HISTOIRES COURTES DE KIRRWILLER


Recueillies par Alfred MATT  auprès de Jean Etling et Marie née Eber, In S'Groschejokel's  au n°1 Petite Rue de l'Elise durant l'hiver 2009-2010 et  Bauer Fritz, ins Fredelfretze.


1939-1945 ELEMENTS SUBVERSIFS


Durant la dernière guerre, le village était comme toute l'Alsace, soumis au régime 'Nazi' (National Sozialist) et les contrôles de soumission de la population à la propagande de l'occupant se faisaient souvent de manière insidieuse. Naturellement, pour certains Alsaciens fanatiques, gagnés par les idées pro nazi, la langue allemande était devenue leur quotidien.  Par contre le commun des paysans du village avait gardé son dialecte et sa verve qui servait souvent à faire de la résistance passive. Et cet humour alsacien aidait souvent  à se sortir d'une situation embarrassante.




C'est ainsi qu'un responsable politique cantonal (Kreisleiter), lors d'une visite au 'Ortsgruppenleiter '   (responsable local désigné par l'autorité nazi) posa la question de savoir s'il y avait des éléments subversifs dans le village (Reichsfeindlichgesinnte  Elemente).Celui-ci  avec tout son sérieux paysan répondit qu'il ne voyait pas dans ce cas  que " son camp de pommes de terre" . Etonné, le Kreisleiter entendit l'explication - il y a deux jours, je binais mon champs de pommes de terre  et le soir arrivant, n'ayant pas terminé mon travail, j'ai planté ma houe entre les rangs de pommes de terre et lancé à haute et intelligible voix ; 'Rührt euch ! Und Herr Kreisleiter, am anderen tag als ich kam,hatte sich nichts gerührt - Die Kartoffeln sind sicher Widerstandskämpfer ‘


Binnez -vous ! (mettez vous au pas) et le lendemain matin, les pommes de terre n'avaient pas bougé - Elles sont certainement entrées en résistance.


N.B. Le verbe rühren a double sens en Alsacien - Biner et se mouvoir - se mettre au pas.

Raconté par Bauer Fritz  1899-1996



UN SECRET MILITAIRE 1914-1918


Ettlinger Georges était soldat en 14-18 dans les tranchées de Verdun. Naturellement le courrier militaire était censuré, ouvert autant au départ qu'à l'arrivée et aucune allusion ayant un quelconque rapport avec la vie militaire était rayé et la lettre détruite.

 Sa famille lui envoyait par la poste militaire cartes et lettres et lui  demandait parmi les nouvelles aussi de leur dire où il se trouvait. Sachant naturellement qu'il ne pouvait écrire en clair son lieu d'affectation il écrivit dans une de ses lettres:

Meine Lieben es geht mir gut, ich bin da wo man das Geld nicht verdun kan" = vertun.

Mes chers, je vais bien, je suis là où l'on ne peut gaspiller l'argent

 ( en allemand vertun - en dialecte ' verdün ', sous entendu -Verdun).


Encore fallait-il y penser !


Ettlinger Georges  1888-1965

Photographié par Bauer Fritz

     Mairie de Kirrwiller  39, rue Principale  67 330 KIRRWILLER   Tél : 03 88 70 71 84   Fax : 03 88 70 92 84   Email : mairie.kirrwiller-67@orange.fr

D’autres histoires suivront …

histoires courtes Historique


 Le pont de pierre " Stänerne Brickel "

 

KIRRWILLER est traversé par un petit cours d'eau le « DORFGRAWE »  qui prend sa source au lieu dit « OBEN AN DER SCHMALMATT » 

 

Ce fossé passe sous l'actuelle rue des Roses, anciennement « OSTERLOCHGASS », longe la limite de la propriété 's'MOSSLERS puis tous les bâtiments de la propriété s'LUDWIGS et passe sous la rue Principale pour ressortir  en limite de propriété s'KISDERS et WINNIGERS pour finir dans la «  WEYERMATT»  sous le nom de « WEYERMATT GRAWE»  .

 

Autrefois, ce passage sous la rue Principale était surmonté d'un vrai pont avec de chaque côté un parapet de pierres taillées assez large pour servir de banc à de nombreux habitants du village qui venaient s'y retrouver, surtout les soirs d'été après les travaux des champs. C'était également le rendez-vous des garçons et des filles qui s'y retrouvaient tout en étant sous la surveillance des anciens. Naturellement aucun danger d'être dérangés au début du 20 ème siècle par la moindre automobile. Point non plus de macadam et les jeunes pouvaient jouer à la marelle ou aux billes pendant que les anciens en sirotant leurs bière achetées chez le  WINNINGER Onkel, se racontaient des histoires d'autrefois. Le PFANNI Onkel surveillait la fenêtre à coucher de la ferme s'KARLES et quand la lumière s'éteignait, il se mettait à chanter une vieille berceuse.


Ils est dommage que ces parapets aient disparus lors de l'établissement des trottoirs, car de nombreux messages d'amour y avaient été gravés.


 La vengeance des chenapans du " Stänerne Brickel "




        


La ferme   s’JAQUES

            La grand-mère " Großel " de la ferme "s'Jacques" avait l'habitude de surveiller tout le quartier derrière ses rideaux, elle était ce que les jeunes appelaient " e alti Wunderfitz " (une vieille curieuse) et se mêlait bien souvent de choses qui ne la regardait pas. Un jour que les 'garnements' c'est à dire les jeunes garçons du coin, certainement pas plus turbulents ni bruyants que les jeunes d'aujourd'hui avaient chapardé quelques fruits dans le voisinage et s'en vantaient devant sa fenêtre, croyant ne pas être entendus, la Großel alla les dénoncer au propriétaire de l'arbre et les jeunes furent punis par leurs parents.


Comment ce venger de cette commère ?


Nous avions à cette époque allemande, avant 1918 encore deux passages du facteur dans notre commune, une distribution le matin et une le soir souvent quand la nuit était tombée et le facteur avait l'habitude de toquer contre le volet pour annoncer sa visite. Ce soir là, les jeunes avaient attendu le facteur et lorsqu'il avait passé sans frapper à plusieurs maisons, ils décidèrent de passer à l'action en imitant le pas du facteur, ils s'en virent frapper au volet de la Schààcks Großel qui en ouvrant la fenêtre rencontra un balai d'étable bien trempé de bouse de vache en place du courrier attendu.


Les jeunes racontent, que de ce jour elle ne s'occupa plus des autres:

« La curiosité est un vilain défaut »